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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 16:17

"PARTIR, CALCUTTA"

Le Dauphiné libéré, lundi 2 juin 2014

   Un chant d’amour pour une ville chaotique

   par Gilbert Jean

 

   Journaliste globe­trotter, elle avait traversé Beyrouth, Jérusalem et aussi le Rwanda. C’est pourtant Calcutta qui a exercé sur elle, devenue romancière, toute la fascination contenue dans Indian Song de Marguerite Duras. Dominique Sigaud est allée dans cette gigantesque et chaotique métropole indienne, « s’asseoir comme eux, sur une marche au bord du Gange et attendre… ».

   Résolument engagée, elle avait, d’entrée, dénoncé La Fracture algérienne. Dominique Sigaud vient de rappeler la monstruosité, nuit et brouillard concentrationnaire, dans Franz Stangl et moi en accompagnant le dernier jour du commandant de Treblinka. La voici qui, dans son dernier roman, tisse un long poème dédié à Calcutta, ses palais, ses colonnades, ses jardins, ses fontaines ses autels et ses fleurs et, au cours de sa résidence indienne, finit par se sentir, comme elle et ses palais, « à l’abandon ».

 

   Dans le sillage de Marguerite Duras

   Volontaire saccadée, par accumulation parfois, la syntaxe bousculée de Dominique Sigaud sied à cette ville énorme de bruits, d’odeurs et d’injustice qui est pourtant, pour elle, source de paix en dépit du choc reçu et de la violence constatée. Calcutta est chaos à l’image du fleuve qu’elle borde : le Gange, fleuve sacré et… poubelle. À la manière de Duras, c’est pour Calcutta que l’écrivain a composé une partition qui se révèle littéraire et musicale.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 12:24
CAFÉ LITTÉRAIRE

Dominique Sigaud, Mardi 3 juin, 20h30, Médiathèque de Privas, Partir, Calcutta

Partir, Calcuttade Dominique Sigaud

« Il y a dans ce que je suis, comme elle, Calcutta, des palais à l’abandon ». De cette phrase, qui, quelques temps après son retour, s’impose à Dominique Sigaud comme une évidence, et qu’elle installe à l’entrée du texte, semble surgir le récit de son séjour dans la ville indienne, une pérégrination qui devient ainsi, aussi, un voyage intérieur. Et, à travers cette écriture, tendue et dense, mais également ponctuée de silences, toujours magnifique, résonne bientôt l’écho des pas de la mendiante du Vice-Consul… , une manière de rendre un vibrant hommage à Marguerite Duras, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. Une belle rencontre, à ne pas rater, avec Dominique Sigaud, journaliste, essayiste, auteur de récits et de romans policiers, qui livre là l’un de ses plus beaux textes ! 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 22:21
 FESTIVAL PASSAGES DE TEMOINS 
 J'y participerai à 2 rencontres : 
 
 
Samedi 17 Mai
16:15
Chapiteau (Château)
 
 
 Horizon lointains 
 
Café littéraire
 
 

Rencontre avec Gérard de Cortanze (L’an prochain à Grenade, Albin Michel), Dominique Sigaud (Partir, Calcutta, Verdier) et Shumona Sinha (Calcutta, L’Olivier).

Gâlâh est la seule rescapée du massacre des Juifs, la nuit du 31 décembre 1066. À travers les siècles, nous la suivons de par le monde, jusqu’à Paris où un tueur l’attend… Lauréat du Prix Renaudot pour Assam, Gérard de Cortanze est écrivain, traducteur et critique littéraire. 

 Dominique Sigaud articule son oeuvre autour de l’engagement et de la responsabilité de l’écrivain.  
 Partie en solitaire à Calcutta, la narratrice y trouve le moyen d’apaiser son désir d’ailleurs.  
 La voix de Marguerite Duras prendra place.

Shumona Sinha décrit le retour de Trisha à Calcutta, pour la crémation de son père. S’installant dans la maison familiale désertée, tout lui revient et tout la bouleverse.

Dimanche 18 Mai 14:30 Auditorium musée des Beaux-Arts

Une après-midi avec Marguerite DuraS

Le centenaire de la naissance de l'écrivain est l'occasion de cette rencontre où chacun raconte "sa" Duras.

Rencontre avec les écrivains Arnaud CathrineDominique Sigaud et les éditeurs Thierry Magnier et Gilles Philippe(Gallimard), animée par Albert Dichy (IMEC).

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 10:22
L’évidente solitude
L’évidente solitude

Partir, Calcutta – Dominique Sigaud – Editions Verdier

C’est une première, souligner ce que l’on lit, dès le dos de couverture du livre, le besoin de marquer ce qui nous marque : «Non pas fixer mais soulever, maintenir la suspension, ne pas décrire mais écrire.»

Une femme s’en va. Vers des palais à l’abandon. Elle est en Inde, elle est chez elle, à l’intérieur de soi, où le temps se dilate. Il pourrait l’écarteler, il va la rassembler.Lire Dominique Sigaud, c’est savourer une langue. Sa langue, la nôtre, qui nous traverse et nous transperce. C’est intense et dense, implacable et doux. Le pouvoir d’un livre est étrange, toujours il trouble, il fait advenir un sourire invisible que rien n’efface, qui tranche avec nos jours, vient bousculer une atonie et réconcilie beaucoup, presque en secret.

Partir à Calcutta avec Dominique Sigaud nous entraîne dans une rugosité bienvenue, on suit l’écrivain dans sa ligne droite pleine de méandres et d’inconnu. Jusque devant le Gange, «Ca pourrait se terminer là. Je suis soulevée. Déplacée. Agrandie. Survient un sanglot sec, irrépressible. J’ai déjà vu des fleuves immenses. C’est autre chose. Le chemin parcouru jusque là peut-être. Ce qu’il a fallu pour y être. Une mesure d’existence. Il serait impossible à quiconque de le mesurer. Un temps parcouru. De la perte. Un aboutissement;  je serai ce que je serai.»

Partir, Calcutta – Dominique Sigaud – Editions Verdier

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 13:23

http://aliette-armel.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/04/04/calcutta-avec-duras-dominique-sigaud-527726.html

 

04/04/2014 

par Aliette ARMEL

Le livre de Dominique Sigaud, Partir Calcutta, est le récit d’une expérience, d’un voyage profondément intérieur qui s’éprouve physiquement puis se met en mots, s’adosse au langage à l’occasion d’un déplacement volontaire dans l’espace, d’une plongée dans un univers dont l’étrangeté est l’occasion d’une redécouverte d’une part d’elle-même, en compagnie de cette autre qui lui est familière depuis les années 1970, Marguerite Duras.

Partir, Calcutta. C’était, au départ, le seul objectif. Partir pour partir. Sans but. Pas même celui d’écrire. Les mots, les phrases sont venues après. Ainsi que ce qui travaillait en sourdine, ce qui a guidé inconsciemment le choix de la destination : l’Inde, puis Calcutta, le Gange, le Golfe du Bengale. Dominique Sigaud ne découvre qu’ensuite, plus tard, le rôle joué dans sa décision par « India Song, la musique, la chanson, la voix de Delphine Seyrig. […] Le nom Calcutta et ce qu’il contient de Duras : cette transgression à l’œuvre. La liberté, la perte. Mon trouble à vingt ans. L’énigme. De la langue, enfin. »

La phrase qui ouvre le livre est emblématique du processus durassien qui est à l’œuvre : « Il y a dans ce que je suis, écrit Dominique Sigaud, comme elle, Calcutta, des palais à l’abandon ». Elle s’identifie à Calcutta, comme Marguerite Duras à travers son personnage d’Anne-Marie Stretter : « « J’ai dit qu’elle était Calcutta, rappelle Marguerite Duras (dans Les lieux de Marguerite Duras, livre signé avec Michelle Porte), je la vois comme Calcutta. Elle devient Calcutta, il y a un double glissement, Calcutta va vers la forme d’Anne-Marie Stretter et elle va vers la forme de Calcutta. Et pour moi à la fin du film elles ne font qu’un ».

Mais au contraire de Duras, Dominique Sigaud a fait le voyage jusqu’à Calcutta. Elle a plongé dans le corps de cette ville, elle a laissé son propre corps être envahi par une fièvre qui ne l’a pas lâchée pendant son séjour d’un mois – celui de février 2013. Elle a fait l’expérience d’une mise en vibration par la ville devenue « sa » ville. Elle a opéré, d’instinct, un choix entre les multiples possibles qu’offre cette métropole parmi les plus peuplées du monde : ville d’une tradition intellectuelle prestigieuse (avec la famille Tagore). Ville branchée avec ses quartiers hyper-modernes et luxueux. Ville de la nostalgie et des vestiges abandonnés de l’Empire anglais. Ville de la misère, de la lèpre, et de mère Teresa. Ville des contrastes violents, des agressions sexuelles, de la brutalité commerciale et de la circulation agressive.

Pourtant, le Calcutta de Dominique Sigaud se caractérise par deux mots : lenteur, douceur. « J’entre dans les ruelles […] Un arrondi des courbes, bâtiments anciens, douceur extrême ; couleurs passées aux murs, démarches lentes. Cette douceur je la connais. Un lien ténu se reforme. On me regarde beaucoup ; regards eux-mêmes coulés dans la lenteur. Il y a des fleurs de lotus taguées sur les murs, petites et grandes en gris et noir, juste ça, des fleurs de lotus. […] Il y a de vieilles Ambassador mortes depuis longtemps en plein ciel, couvertes de poussière, dans les arrières cours d’anciens palais fermés, grillagés de lourdes tentures métalliques travaillées à la volute à l’entrelacs. Hauts murs de sombre rouge se délavant. D’autres d’un vert très pâle. Venise. Ton nom de Venise dans Calcutta. Beauté lancinante. Désir d’immortalité à l’œuvre. Nous venons de ça, je le sais, Venise, Calcutta, immortalité. »

 

 

Lorsqu’elle va vers le fleuve, le Gange, affrontant l’impossibilité de traverser les places envahies par la circulation, se mêlant à la foule, mesurant son ignorance, elle éprouve l’écart, l’inadaptation mais aussi le plaisir de la dépossession. Elle découvre Calcutta à pied, en bus, et se retrouve sans cesse dans des périmètres où elle est la seule occidentale. La protection lui vient, parfois, de certains indiens ou le plus souvent de certaines indiennes : ils la mettent sur le chemin de ce qu’elle cherche.

Elle se livre à l’émotion « Devant moi, il y a le Gange. L’immensité. Je m’arrête. Je suis venue jusque-là. Ça pourrait se terminer là. Je suis soulevée. Déplacée. Agrandie. Survient un sanglot sec, irrépressible. J’ai déjà vu des fleuves immenses. C’est autre chose. Le chemin parcouru jusque-là peut-être. Ce qu’il a fallu pour y être. Une mesure d’existence. Il serait impossible à quiconque de le mesurer. Un temps parcouru. De la perte. Un aboutissement ; le je serai ce que je serai ».

Les voix d’India Song remontent alors :

-       « Un jour… il y a dix ans qu’elle marche, un jour devant elle, le Gange… ?

-       Oui, elle reste.

-       C’est ça… »


Dominique Sigaud entre dans la compréhension, intime, personnelle, de cet écart dans lequel Duras a dû se tenir pour rendre possible l’incarnation dans la langue de ce « fléchissement intérieur né d’un fleuve en particulier », cette inflexion qu’en ce jour de février 2013 Dominique Sigaud éprouve. « Le fleuve et son nom dans Duras. […] Le Calcutta doux et lent, rongé par la poussière et l’âge que Duras a voulu. Calcutta durassienne ; Venise élimée jusqu’à la corde. Ton nom de Venise dans Calcutta désert. Comment a-t-elle su ? » Les auteurs au pouvoir d’évocation extrême conduisent leurs lecteurs à s’interroger sur ce point: comment parviennent-ils à éprouver et à faire éprouver ce qu’ils n’ont eux-mêmes vécu que dans l’imaginaire, ces sensations dont ils ont fait, seuls, l’expérience dans cette forge intérieure aux mécanismes particuliers, que Marguerite Duras désignait sous l’expression « d’ombre interne » ?

 

Cet écart explique aussi la difficulté de Dominique Sigaud à ancrer dans le réel l’affirmation « Je suis à Calcutta ». Des passages à la première personne alternent avec d’autres où l’auteure s’observe, s’écoute, s’entend. Le « elle » devient de plus en plus fréquent au fur et à mesure que le récit avance, que la fin, le départ, approchent et qu’elle accepte de « passer du je à la représentation. Ecrire, affirme-t-elle alors, n’est qu’une représentation ».

 

Le livre suit aussi la progression des jours. Il rend compte du quotidien d’un auteur en résidence, bénéficiant d’une mission Stendhal, intégré, pendant son séjour, au paysage culturel du poste diplomatique, du consulat de France et de l’Alliance française, participant à des débats, animant des ateliers d’écriture et invité aux spectacles offerts par la communauté française.

 

Les derniers jours du séjour de Dominique Sigaud lui permettent ainsi un autre type d’immersion : dans un spectacle de théâtre créé par Eric Vigner, Gates to India Song. En 1993, Eric Vigner a travaillé avec Duras sur une transposition scénique de La pluie d’été. Vingt ans plus tard, il a recréé India Song en Inde, avec des comédiens indiens. A Calcutta (après Bombay et avant Delhi), le spectacle est monté dans la maison de Rabindranath Tagore. Dominique Sigaud est submergée par la même force d’émotion que devant le Gange. Elle est envahie par ce qui se joue en elle à travers le spectacle, par la perte, par l’impossibilité et aussi par ce qui s’ouvre, porté par la musique rêvée d’un violoncelle et aussi, bien sûr, par la ritournelle d’India Song.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 13:21

Duras n’a pas cent ans, Dominique Sigaud l’a rencontrée

En décembre, on marchait à Trouville, épaule d’un homme et horizons noyés, pas même une de ces odeurs chimiques venues du Havre, une immobilité malgré les amples marées, et ce fut évident . Le centenaire de Duras, non. Sauf accident :   Partir, Calcutta en est un.

 

Me revenait sur la plage, et d’ailleurs plutôt sur celle d’Houlgate, loin des bottes caoutchoutées sur planches,  la phrase qui ouvre le livre d’Hélène Bamberger : « Chaque jour on regardait ça : la mer écrite ». Oui, Duras,centenaire,  j’aurais aimé un silence et une note, un corps et une absence,  même une liste de courses, des souvenirs qui ne se bloguent pas, et basta.

Mais bien sûr,  Duras aura fait écrire autant qu’elle a écrit, il y a de beaux livres ;on y rappelle que Duras est l’auteur la plus étudiée dans les lycées,  La Pléïade l’an dernier, qu’elle est au répertoire de la Comédie française,  on  revient sur le look MD , refont surface des témoins  d’un jour, cette interrogation obstinée: Marguerite était-elle une menteuse ? « Alors, l’écrivain, il devient son propre flic », avait-t’elle écrit . Les biographes peuvent l’être aussi. Mais oui, menteuse,  elle raconte le Gange sur un chantier naval, Venise au Havre , et Vinh Long partout. « On ne sait plus rien, presque, à force de savoir tout. Tout comme on croit savoir. C’est ce qu’on appelle un état avancé du désespoir ».

 

Alors, justement, c’est en ne sachant pas, en ne voulant pas savoir d’avance, que Dominique Sigaud, écrivain beaucoup, journaliste un peu, a rencontré Marguerite là où celle-ci n’est jamais allée : à Calcutta. Sous la couverture jaune safran des éditions Verdier, un drôle de livre, un déplacement.  Le voyage comme un état. Chaque année, l’Institut français accorde une trentaine de bourses à des écrivains, qui couvrent ( sans luxe excessif) les frais d’un séjour en pays étranger. Dominique Sigaud, au chapitre du « projet » que l’on est censé présenter, a répondu que justement, elle n’en avait pas. Et  sans doute parce que son œuvre est assez  importante, déjà, pour que son non-projet séduise, la voici à Calcutta. « J’ai lu avant de partir quelques pages de Moravia, de Pasolini, Michaux, leurs phrases définitives sur l’Inde, ce qu’est l’Inde ». Elle leur préfère alors quelques lignes du Vice-Consul , la jeune mendiante chassée par sa mère :

-Comment ne pas revenir ?

- Il faut se perdre.

- Je ne sais pas.

- Tu apprendras.

- Je voudrais une indication pour se perdre.

- Il faut être sans arrière-pensée, se disposer à ne plus reconnaître rien de ce qu’on connaît, diriger ses pas vers l’horizon le plus hostile ».  

Alors, pas de guide touristique, un appartement dans un quartier  qui n’est pas celui où l’on croise les occidentaux, elle marche. Elle coule dans la foule  et suit l’indication durrassienne, des heures entières et même des journées entières, se perd. S’épuise à gagner le bord du Gange, entrevoit ces somptueux palais en ruines – « le souvenir d’une façade à colonnades, balcons en balustrades, étages de coursives.(..) Je peux reconstituer le palais. Je reconnais quelque chose. Je ne sais pas quoi. » Rêves coloniaux de pierre, où sèche le linge. L’écriture de Dominique Sigaud – nerveuse, précise, cumulative, avec trouées lumineuses –  se tient au large de Duras mais dans ce pays où l’on tue beaucoup les petites filles, jusqu’à parfois faire basculer les statistiques de naissances, où l’homme de ménage coupe la lumière à l’écrivain ( rien qu’une femme), où seule une femme relèvera  la vieillarde tombée dans le bus, la petite mendiante récurrente est partout. Venise – son nom, dans Calcutta enfin désert, en pleine nuit, aussi.


 

L’écrivain est malade, fiévreuse, elle mange et boit aux étals. Autre façon de se perdre, loin des conseils aux voyageurs.  Et finalement, Marguerite est bien là, c’est annoncé. Trois soirs durant.

« Nous l’avons connue en même temps. Nous avions vingt ans, elle soixante. Elle était l’une des rares à avoir encore notre âge », écrit Dominique Sigaud en évoquant celui qui, au moment même où elle s’y trouve, monte Gates to India song dans la maison de Tagore : Eric Vigner. Elle l’ignorait, et avait fourré le texte dans sa valise au dernier moment.

Le traducteur du texte, pour la pièce, a souffert : « Certaines phrases de Duras contenaient trois mesures de sens en même temps, en anglais il fallait trois phrases ». Les comédiens indiens se fondent dans l’univers de la pièce « si proche de cet autre Calcutta doux et lent, rongé par la poussière et l’âge que Duras a voulu ».

Et c’est presque tout : un déplacement,  une perdition dans cette ville pour  laquelle ,paraît-il, « deux trois jours suffisent » selon les guides. Bien sûr, le retour n’est pas vraiment un retour, plutôt l’apprentissage de ce manque sur lequel Duras a tant écrit. « Cette rumeur, le Gange ?...-Oui. – Cette lumière ? ..- La mousson. – Cette poussière ? – Calcutta central ».

Non, pas de centenaire anniversaire pour Marguerite, mais ce cadeau d’un écrivain à un autre, l’abandon complice à un imaginaire.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:32

Jeudi 3 avril, je serai à la Librairie Quai des Brumes (120 Grand'Rue) à 18H45 pour évoquer "Partir, Calcutta"

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:24

Je serai à Bordeaux les 5 & 6 avril 2014 dans le cadre de l'Escale du Livre pour mon livre "Partir, Calcutta"

 

Je participerai à une rencontre avec Shumona Sinha et son livre "Calcutta" le dimanche 6 avril
à 15h00

 

Je présume que nous parlerons de Calcutta

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 13:14

 


 

à paraître le 6 mars 2014 aux éditions Verdier

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 09:59

© triste quenelle

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  • : Le blog de Dominique Sigaud
  • : la litterature contemporaine est un des portails vers le monde contemporain ; litterature comme décolonisation interieure
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