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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 12:25
  • Vidéo Soldes à Paris : ils courent à moitié nus pour une tenue gratuite
    Soldes à Paris : ils courent à moitié nus pour une tenue gratuite

L'humiliation reprend du service, s'étend, se développe

L'humiliation comme marqueur social

l'Humiliation dans le rapport politique, économique, social

Celui qui humilie s'attribue une puissance

L'humilié constentant accepte d'occuper la place de poubelle

aucun gagnant

Ca se propage dans la société, les rapports sociaux

voir Taubira en singe, entre autres

Les media recherchent le bon candidat de leurs plateaux pour de courtes scènes d'humiliation en direct

La téléréalité humilie à tour de bras

Les élites possédantes, patronales, banquières, parfois politiques et culturelles réactivent de plus en plus facilement la posture et la font passer dans les actes (je m'attribue 5 millions d'euros d'indemnités de départ, le jour où par ailleurs je t'annonce que j'augmenterai ton smic de 10 centime d'euros )

 

La connivence qui se (re)noue actuellement entre l'humiliateur et l'humilié est terrifiante

 

Le grand modèle historique de l'humiliation est le III° Reich à l'encontre de ses citoyens juifs. En France aussi.

Je crois me souvenir que l'Allemagne du III° Reich voulait laver l'humiliation de la défaite de 1918

J'ai appris sans grande surprise qu'Hitler et un nombre non négligeable d'autres "dignitaires" nazis impliqués dans l'extermination avaient d'abord été de jeunes garçons humiliés par des pères et/ou beaux-pères brutaux et humiliants (relire "La mort est mon métier")

 

Nos défaites aujourd'hui sont économiques, financières, sociales. Nous courons symboliquement vers la défaite du Sujet. Transformer l'autre en objet et se laisser transformer en objet est l'abdication la plus dangereuse qui soit

Passer de Sujet incertain à objet humilié est une des voies aujourd'hui proposées. Beaucoup s'y engouffrent

 

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 14:09

Chaque année, les libraires de Marseille organisent un festival littéraire

En 2010, 2011 et 2012, ils ont demandé aux auteurs invités un texte reprenant le thème de l'année, ""Les autres et moi", "Frontières en mouvement" et "Entre fictions et réalités"

Le recueil de ces textes, "De L'intime au collectif et inversement", vient d'être publié

Ci-dessous celui que j'ai écrit en 2011, mon hommage à Marseille

 

 

Littorales-BAT-2011-32DSigaud-P1

Littorales-BAT-2011-32DSigaud-P2.jpg

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 09:37

Une jeune journaliste allemande me contacte par mail pour dit-elle me poser quelques questions sur mon livre"les 175 maisons de la gestapo en France". Contact établi. Elle m'appelle au téléphone et me demande "ce qui se passait dans les maisons de la gestapo". Moi, surprise "c'est dans mon livre". Silence.  "Vous n'avez pas ouvert le livre ? ". Silence. "Vous ne l'avez pas?". "Non". "Vous m'appelez à propos d'un livre que vous n'avez pas??". Réponse, sans se démonter un instant "je voulais juste vérifier les informations que j'ai trouvées sur internet".

Typique du retournement à l'oeuvre : le ""journaliste"" n'est plus là pour chercher l'info, on doit la lui donner.

"Internet" devient la source principale.

La source d'origine est évitée.

Obtenir d'abord le livre sur lequel ensuite on peut éventuellement interroger l'auteur n'est plus le réflexe premier.

Comme le reste le ""journalisme"" entre dans l'ère du pré-mâché.

Dans tous ces effacements à l'oeuvre c'est le Sujet qui en premier est menacé de disparition.

Le ""journaliste"" ne veut plus chercher l'info, il veut qu'on la lui donne. Je ne peux m'empêcher de trouver la posture très infantile.

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 11:00

Lu ce matin dans Libé une interview de Stanislas Nordey s'insurgeant clairement contre certaines dérives du rapport à l'artiste. On retrouve la même chose désormais dans les mises en concurrence d'écrivains pour des résidences. Et il y a même pire : les institutions ouvrant des "appels à candidature" pour recevoir un écrivain demandent de plus en plus souvent un projet d'écriture pendant le temps de la résidence et se permettent de juger de la qualité et de l'opportunité dudit projet. Ca signifie que 3 mois à l'avance, je dois dire à une commune, une médiathèque ou tout autre lieu invitant : pendant que je serai chez vous, j'écrirai sur tel sujet, ça ressemblera à ça, etc. Comme si on pouvait savoir 3 mois à l'avance ce qu'on va écrire. C'est une négation même de ce qu'est écrire. Et question  : quels peuvent bien être les critères d'une institution pour juger de l'intérêt d'un projet littéraire ??? S'agit-il de privilégier désormais des écritures institutionnelles? Qui font plaisir aux institutions? S'agit-il désormais de gommer précisément le fait qu'on ne peut pas savoir à l'avance ce que sera un texte, et heureusement? S'agit-il désormais de supprimer la sauvagerie de l'écriture? Je présume que oui, j'ai tendance à le penser. Le payeur annule désormais l'idée même de liberté de création. Les résidences étaient censées être un mécanisme de soutien à la création. Renversement renversant de la donne. Soit tu t'y plies, soit tu n'es pas pris dans les résidences et donc tu ne peux plus bénéficier de ces compléments indispendables de revenus.

 

Stanislas Nordey

Aujourd’hui, pour les nominations à la tête des centres dramatiques nationaux, on assiste à une sorte de «mise en concurrence» entre les artistes, et je trouve ça terriblement déplaisant. Comme une course de chevaux où on ne connaît pas ses chances au départ. Comme si les parcours, les chemins de vie n’existaient plus.

Ce n’est pas une façon de rendre les processus de nomination plus transparents ?

C’est une couillonnade. Quand tu vas te présenter à Valence, puis à Bordeaux, puis à Lille ou ailleurs, et qu’à chaque fois tu es obligé de refaire ton speech, ton numéro, c’est comme si cela entérinait l’abandon d’une éthique. On place les artistes dans une situation impossible, dans une concurrence absurde.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 08:14

le samedi m'atteint

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:45

le 27 Juin 1997

Le voyage au bout de la peur

Dominique Sigaud, avant de se faire remarquer l'an passé pour son premier roman, avait publié «la Fracture algérienne» (Calman-Lévy) en 1991. Son troisième livre, «la Vie, là-bas, comme le cours de l'oued» (Gallimard, 144 pages, 90 francs), montre que l'interrogation initiale sur l'Algérie ne s'est pas interrompue. Mais aussi que le passage par le roman n'est pas resté sans effets sur l'écriture: c'est en effet avec les moyens de la littérature que l'auteur propose la remarquable relation d'un récent voyage en Algérie. Avec au bout, l'un de ces livres qui marquent durablement.<br><br>

 

 

LORS de la rentrée littéraire de septembre 1996, au milieu du gros bataillon hétéroclite des premiers romans lancés sur le marché, «l'Hypothèse du désert», de la journaliste Dominique Sigaud, se distinguait du tout-venant comme un texte déjà remarquable de maîtrise, ouvrant sur une réelle profondeur de sens. Tout récemment, le même auteur vient de faire paraître un autre titre, «la Vie, là-bas, comme le cours de l'oued», qui se situe quelque part entre le reportage et le récit, et qui surtout confirme qu'on se trouve là devant une authentique personnalité d'écrivain. L'oeuvre se présente tout en finesse et en sobriété, sans recherche de pathos, pour cependant dire le pire: la mort et le chaos dans l'Algérie d'aujourd'hui.

Le personnage central, tout du long évoqué à la troisième personne du singulier - pour des raisons qui relèvent sans doute de la nécessité d'un travail sur soi, après la violence de ce qui a été vécu -, est une journaliste française partie enquêter en Algérie à l'automne 1995. Un autre séjour avait précédé, six mois auparavant, qui faisait lui-même suite à une visite effectuée en 1991. Celle qui embarque, un après-midi de la fin octobre, à Lyon-Satolas sur un vol d'Air Algérie, ne part donc pas avec le regard de la néophyte. Il est même clair qu'elle connaît parfaitement la dimension, les enjeux et les risques pour elle-même du drame dans lequel elle s'apprête à replonger («Algérie, destination la plus lointaine, radicale»). Elle sait aussi l'importance que peut revêtir sa présence là-bas, autant pour témoigner de la barbarie à l'oeuvre que pour donner à percevoir l'importance cruciale, et la complexité, de ce qui s'y joue.

Neuf chapitres relatent ce parcours éprouvant, au moral comme au physique, qui atteint souvent l'insoutenable. Chacun suivi d'une page intitulée «la Peur», qui va de la simple définition du mot, telle que le dictionnaire la fournit, à de rapides séquences de monologues intérieurs qui en font apparaître les effets dans la langue au quotidien. Car l'ambition du livre ne se limite pas seulement à porter témoignage: il s'agit parallèlement d'identifier ce qui affecte le subjectif et l'intime, afin d'en déceler les commotions et les altérations irrémédiables. En cela, Dominique Sigaud s'inscrit dans un projet de nature littéraire. Ce que confirme sa façon de tenir le récit: éloignée du naturalisme, méfiante face aux complaisances de la description. Allant plutôt vers l'ellipse et la suggestion qui enclenchent la réflexion. Et retenant, des êtres rencontrés par son personnage, à Alger et ses environs puis en Kabylie, des expressions fugitives du visage, des gestes inconscients, des silences, qui en disent plus long que n'importe quel commentaire sur un certain état de meurtrissure et de défiance généralisée.

On y voit, dès les premiers pas effectués à la sortie de l'aérogare, puis à travers les itinéraires compliqués, toujours changés, les arrêts et les départs inopinés, les rencontres sous protection dans des lieux discrets, surgir un étrange pays dans lequel vie et mort «sont désormais sang mêlé». Avec, d'un côté, ces bâtiments et ces ponts partout détruits, ces services publics démantelés, cette pauvreté galopante. Et, de l'autre, ces florissantes entreprises de construction, ces nouvelles sociétés de transport tenues par des «islamo-terroristes», «guerriers pas fous, sauvegardant la mise et protégeant la rente» et ces militaires s'enrichissant. Comme si, pour les affaires de quelques-uns, le chaos et le sang versé ne constituaient pas forcément un handicap. On y voit également une jeunesse prise en tenaille entre les exactions policières et l'enrégimentement forcé dans les groupes armés intégristes, pour éviter à la famille d'être froidement exécutée avec un atroce luxe d'horreurs. Toutes choses qui ont engendré «un recul de la sagesse, de la raison, du politique».

Tandis que «la fracture sociale est de plus en plus apparente, entre le pain et le lait, la moitié d'une journée d'un maigre salaire disparaît. Les classes populaires sont touchées de plein fouet». L'un des grands mérites de ce livre remarquable de netteté et d'intelligence de la situation, c'est de remonter à la racine des problèmes, puis de faire sentir la puissance du poison qui engourdit les esprits, enfin de montrer les trésors de courage et d'intelligence nécessaires pour se maintenir en vie, communiquer, informer, résister.

Puisque aussi bien l'on est contraint de faire face aux deux aspects d'une même barbarie: celle des groupes armés, rançonnant, pillant, violant, assassinant, transformant l'Algérie en un «pays des cous égorgés»; celle de la répression aveugle, avec son lot d'arbitraire, de provocations, de tortures et de crimes. Entre les deux, au bord du précipice, un peuple tente malgré tout de trouver sa voie. Dominique Sigaud suggère comment, au coeur de cette fournaise, une humanité perdure, avec ses solidarités, sa lucidité, sa soif de réflexion, son désir d'un changement social, qui arrache la masse des pauvres à l'influence des fondamentalistes. En face, elle évoque ces corps décapités, découpés, dépecés, souillés, ces visages brûlés au chalumeau au nom d'Allah, ces jeunes filles enlevées et «fiancées» aux hommes des groupes terroristes.

Un album de photos, rapporté de là-bas par son personnage, en a conservé les traces. Mais il faudra à celle-ci une année entière après son retour, lui-même avancé, tant les récits entendus étaient rapidement devenus terrifiants, pour oser enfin l'ouvrir et en tourner les pages. Ce qu'il contient révulse en effet le corps et l'esprit. Un aliment de choix pour la peur qui l'habitait encore et qui s'est imposée comme l'expérience fondamentale des journées de l'automne 1995. «Dans son corps, une porte claque», indique sobrement l'auteur, en l'une de ces images terribles dont elle possède le secret. Un ébranlement partagé par le lecteur de ce livre impressionnant, simple dans sa composition, mais d'une terrible intensité.


JEAN-CLAUDE LEBRUN

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:34
Escadrons fantômes

Par Michel Grisolia (L'Express), publié le 27/09/2004

 

En Amérique latine, une journaliste réveille de vieux démons. Quand la fiction témoigne contre la dictature

Le pire danger pour un écrivain, c'est d'être à la mode. Dominique Sigaud ne court pas ce risque: loin des futilités parisiennes, elle publie depuis L'Hypothèse du désert, en 1996, des romans abrupts, inconfortables, engagés et sauvages, qui piègent comme des araignées dans leur toile la réalité sociopolitique d'Etats revenus à la démocratie sans être pour autant guéris de leurs vieux démons. The Dark Side of the Moon, livre de terreur et d'oppression, hisse son auteur sur les plus hautes marches de la fiction témoignage contre totalitarisme militaire et barbarie, entre le Vassilis Vassilikos de Z et le Jorge Semprun de La Deuxième Mort de Ramon Mercader. 

Une ancienne dictature d'Amérique latine, jamais nommée, à peine imaginaire; le pays est calme, pacifié: pour combien de temps? "Quand un pays l'a fait, écrit Sigaud, il le refera." Que refera-t-il? La part belle aux exactions des escadrons de la mort. Fille d'un gouverneur proche des colonels autrefois au pouvoir, Anna Maria Maiol de Lagoa, journaliste, recueille les propos d'un opposant au régime; il est en cavale, a subi la torture. La jeune femme agit-elle par curiosité professionnelle, pour provoquer son père, par naïveté romantique? Par ambition, un scoop à sensation ne déparant jamais un CV digne de ce nom? 

Les êtres humains, on le sait, ne sont ni blancs ni noirs. Ce roman secouant les présente comme des butins de guerre les uns pour les autres: l'enfant pour sa mère, l'amant pour sa maîtresse, l'ami pour son compagnon; et, tel le couple central de l'ouvrage, la victime pour son bourreau. Sur une musique syncopée d'humiliation, de honte et d'horreur intimes, le duo de la prisonnière et de son tortionnaire a les beautés funèbres d'un tango désarticulé, terrible danse de mort. D'actualité: les prisonniers irakiens torturés par des soldats américains, les journalistes récemment enlevés montrent que cette danse-là, on en exécute les figures partout dans le monde, encore et toujours... 


THE DARK SIDE OF THE MOON / TELERAMA 2004

Dominique Sigaud lance une journaliste sur la piste de tortionnaires. Un roman sauvage.

The Dark Side of the moon, un titre qui se murmure comme une vieille rengaine lancinante, se situe dans un quelque part imaginaire qui ressemble fort à un bout d'Amérique latine. L'Amérique latine, ses dictatures, ses guerres, ses tortionnaires, ses victimes... C'était jadis. Pas si sûr. Certains Etats ont certes briqué leur façade, balayé rapidement le seuil de leur histoire, mais n'ont pas liquidé leurs hommes de main pour autant. Les tortionnaires qui sévissaient il y a vingt ans exercent toujours leur profession, pour le plus grand plaisir des nouveaux gouvernants. Dans ce chaos qui n'a pas de nom, Dominique Sigaud a imaginé une jeune journaliste issue de la haute bourgeoisie, Anna Maria. Trop ambitieuse pour ne pas cacher quelques fêlures, celle-ci n'a pas froid aux yeux. Elle en veut. Du sensationnel. Signer un scoop, un de ces reportages à faire baver d'envie ses confrères, à faire trembler son père, haut dignitaire rangé du côté du plus fort. Elle réussit à interviewer un type en cavale, opposant au régime et victime de tortures. Dès lors, Anna Maria l'incrédule devient à son tour un danger pour le pouvoir. Dominique Sigaud n'a peur de rien, d'aucune histoire, d'aucune violence. Sauvage, en dehors des modes, elle écrit tout cru. Martèle ses mots, syncope ses phrases, trouve le ton juste pour raconter les viols, tortures et humiliations. En enchevêtrant passé et présent, elle met au jour la densité de ses personnages entre fragilité et perversité, et révèle leur part sombre - « the dark side of the moon ».

Martine Laval

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 14:28

http://www.gerardstreiff.fr/spip.php?article342

 

Dominique Sigaud

La corpulence du monde

Seuil

Dominique Sigaud est une femme étonnante qui connaît bien le monde et ses folies pour avoir été grand reporter, un peu partout sur la planète et notamment en Algérie, pays qu’elle adore et qui lui fait peur.

Confrontée à la question : « Comment rendre compte au plus juste du monde ? », elle a décidé de passer à la littérature, au mode romanesque, pour mieux se faire comprendre, élargir le public. On en revient à cet enjeu : il faut souvent passer par la fiction, par le mensonge de la fiction pour revenir à la réalité, pour faire comprendre la réalité.

Dans « La corpulence du monde », Sigaud retrace, le plus minutieusement possible, vingt quatre heures de la vie de trois personnages, un soldat britannique à Bagdad, Clifford Moncrief, en proie au doute ce jour là ; un infanticide à Marseille, Jean Michel Largen, un pauvre type qui croit pouvoir refaire sa vie ailleurs, repartir à zero après ses crimes ; une écrivaine qui ressemble beaucoup à l’auteur, Anna Alma, entre ses problèmes de mère et d’écriture. Une journée presque comme une autre avec des thèmes communs évidents : la violence, violence familiale, violence sociale ; la peur.

Bref, une journée qui contiendrait toutes les autres avec trois existences bien différentes,

une peinture minutieuse des faits et gestes de ces trois individus, de leurs silences, leurs fêlures. Rien n’échappe à ce regard sur l’humanité, ou l’inhumanité. Un roman social, politique, intime, féminin.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:22

The Dark Side of the Moon

sigaudLes chemins qui nous amènent à découvrir un roman sont parfois tortueux. Pour ma part, le titre The Dark Side of the Moon de Dominique Sigaud, paru en 2004, me renvoyait inévitablement à un album des Pink Floyd que j'affectionne tout particulièrement. En définitive, la lecture du texte mentionné s'est révélée n'avoir aucun rapport avec l'œuvre musicale du groupe de rock britannique au psychédélique nom d'oiseau. J'étais loin de me douter, cependant, en le commençant, qu'il déclencherait une telle secousse sismique en mon for intérieur. Parmi les lectures qui laissent des traces et qui griffent l’âme de manière indélébile, en voici donc une qui m'a longtemps hantée.
Le personnage principal, Anna Maria Mariol de Lagoa, est journaliste. La jeune femme va, par ambition, orgueil, se mettre en situation de danger en interrogeant un ancien détenu torturé par les membres d'un régime totalitaire révolu. Elle pense ainsi tenir l'article qui fera d'elle une célébrité dans le monde de la presse. La prise de conscience de l'horreur des révélations qu'elle détient précipite sa chute dans une peur absolument incontrôlable, surtout au moment où elle comprend qu'elle devra payer d'un lourd tribut la mise à jour de la parole du rescapé.

Le statut fictionnel du récit pourrait nous faire croire qu'en tant que lecteurs, nous allons être protégés de cette brutalité que le texte va développer. Il n'en est rien. Nous sommes presque confrontés à l'inverse. L'histoire est inventée, certes, mais l'auteur va parfois jusqu'à pousser très loin l'insoutenable. Si cela sonne avec de tels accents de vérité, c'est peut-être parce que Dominique Sigaud, ancienne journaliste, a nourri de son expérience, le terreau de cette histoire. Elle a connu les pays sous tension et a couvert de nombreux conflits comme la trop tristement célèbre Guerre du Golfe.
Son roman parle de la violence du métier de reporter, de la perversité de l'Homme oubliant, au nom d'un idéalisme fou, que celui en train de souffrir en face de lui, est un de ses semblables. Un semblable qu'il a réifié pour ne pas s'y voir reflété. C'est aussi un texte capable de nous interroger sur relation paradoxale et ambiguë entre un bourreau et sa victime, enfermés dans un monstrueux rapport de séduction.

La narration joue avec l'éclatement de la chronologie : on assiste à un va-et-vient constant entre le passé et le présent. Quant aux phrases, on pourrait presque parler de déstructuration du langage tant elles sont soit courtes soit syncopées, et donnent au texte un rythme haletant, voire étouffant. Le style de Sigaud développe une espèce de martèlement générant une lecture inévitablement saccadée, nous obligeant à éprouver par l’expérience du déchiffrement des mots la souffrance de la narratrice.

On pense inévitablement à la lecture du texte de Dominique Sigaud, à une déclinaison du thème de la jeune fille et la mort, récurrent dans la littérature et les arts. Thématique qui nous vient de l'Antiquité grecque et qui dote tout récit qui s'en inspire d'un discours universel. The Dark Side of the Moon semble ne pas y échapper.
En effet, ce roman prend très vite le statut d'un véritable plaidoyer contre toutes les barbaries politiques. C'est aussi une espèce d'hymne à la capacité de résistance de l'Homme face à ces dernières. Le roman possède un contenu salutaire  parce qu'il parvient à nous dessiller les yeux sur l'animalité, la noirceur de l'humain, sur sa part d'ombre mais aussi sur son incroyable capacité à surmonter les épreuves les plus atroces.

On ne sort pas indemne d'une telle lecture.

 

Posté par IrmaVep

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 09:30

Ce ne se dit pas d'emblée, jamais frontalement, ça se murmure seulement entre amis et personnellement ça me fait hurler de rire : le mâle homosexuel aussi peut être doté d'un machisme de masse, un bon gros vieux machisme aussi énorme que celui de son camarade néandertal hétérosexuel.

En clair, les gouines, berk c'est de la sous espèce
Je n'ai évidemment pas dit que c'était général. Chez les hétéro non plus. Je dis juste que la société homosexuelle reproduit les mêmes clichés d'arrière garde que l'hétérosexuelle

Jusque là, rien d'anormal, l'homosexuel est un homme comme les autres

Ce qui m'embête plus, c'est la façon dont les médias, évidemment, relaient ça à qui mieux mieux en ces temps de mariage pour tous

La très grande majorité des titres parle de mariage GAY et non pas homosexuel. Or que que sache, arrêtez moi si je me trompe, le mot Gay est utilisé pour les hommes homosexuels, ce qu'atteste le Petit Robert : Gay "relatif à l'homosexualité masculine". Pour les femmes on dit lesbienne.

Il est donc en train de se passer une chose très intéressante : la captation de tout le débat, à l'instant même d'une loi historique et dit-on fondée sur l'égalité, au seul endroit des hommes.

C'est à hurler de rire. C'est une blague énoorme.

Même quand il s'agit d'homosexualité, le machisme est de mise (j'allais écrire de masse). Exit les femmes, ces sous créatures peu intéressantes.

Que se passerait-il si les media titraient sur le mariage lesbien ??

que diraient ces messieurs ?

 

 

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