Image furtive dans un journal télévisé ce matin : un jeune homme évoque devant Didier Migaud, président (socialiste) de la commission des finances à l'assemblée, la discussion qu'il vient d'avoir avec un membre du gouvernement. Sujet de l'entretien : le paquet fiscal mis en place par Sarkozy au début de son mandat a coûté 16 milliards et en rapportera 9 (si ma mémoire ne me rapporte pas les chiffres exacts, le ratio lui est bien de cet ordre). "Alors?…", demande Migaud, quelle réponse t'a été faite? - "Joker". La réponse du membre du gouvernement fut "Joker" : on s'est plantés, on le sait, mais on ne va pas en faire un fromage. Joker, je passe mon tour. Joker, parlons d'autre chose. La scène se passe sur un trottoir, les deux hommes marchent, Migaud sourit. Quelques milliards ont été passés à la trappe, joker. Ca fait partie du jeu, joker. L'essentiel pour MIgaud à cet instant est peut-être simplement cet aveu implicite. Le rapport de force. Juste un mot. "Joker" vient de "joke", plaisanterie, qui vient lui-même de "jocus", le jeu. A l'origine, le mot désignait "une carte dont la valeur varie au gré de son détenteur", mais aussi un "bouffon".