la litterature contemporaine est un des portails vers le monde contemporain ; litterature comme décolonisation interieure
Hier matin, à la télévision officielle, une dame charmante interviewe un chanteur-comédien à l'affiche d'un nouveau film réinventant sa carrière. Vers 40 ans, il a chuté, déprimé et doit remonter sa pente de chanteur. Il réinvestit donc des petites salles de province et regrimpe peu à peu.
Ladite dame, commentant lesdites petites salles de province, dit, deux points, ouvrez les guillemets
- des salles minables voire glauques
Ledit chanteur-comédien entend parfaitement, son sourire se crispe peu à peu, devient de moins en moins large, de moins en moins naturel mais il est en promo, il ne commente pas.
En quoi ces salles sont-elles minables? Parce qu'elles sont loin de la capitale, petites, mal éclairées? Les spectateurs qui s'y rendent ne seraient-ils pas un peu minables eux aussi? Et les artistes qui s'y produisent?
Deux jours avant, sur une chaîne payante, une autre animatrice culturelle télévisuelle, utilise aussi le mot minable à propos d'un autre "lieu culturel" de province non côté dans les bourses parisiennes.
Dans les deux cas, on sent dans leur propos cette distance spectaculaire, nécessaire, que le membre de l'"élite" culturelle doit afficher avec le lieu banal, le lieu de la banalité. C'est à ce prix seulement qu'il sera reconnu par ses pairs.
La France rolexienne tendance sarkozyste se doit d'être méprisante. Paix à son âme.