la litterature contemporaine est un des portails vers le monde contemporain ; litterature comme décolonisation interieure
Récemment invitée à rencontrer un journaliste à propos de mon travail en cours, quelque part dans une belle province bretonne en compagnie d'un éditeur, j'entends l'homme de presse énoncer en guise d'introduction :
"je vous préviens, je peux être très désagréable".
C'est effectivement une bonne entrée en matière
Un rapport de force immédiat.
MAIS, on me l'avait déjà faite
Il se trouve même qu'on me l'avait faite assez récemment, cette fois ci dans la bouche d'un éminent représentant de l'éducation nationale auquel je venais soumettre un possible partenariat
J'ai donc répondu :
"Moi aussi".
Le regard porté sur moi dans les deux cas, la réponse faite, témoignait d'une surprise proche de la stupeur.
J'en ai donc déduit que :
1. Ce type de réponse est rare
2. Ces individus ignorent qu'ils ont un interlocuteur. Ils imaginent être les seuls à pouvoir proférer la menace.
Et ce matin, l'image m'est apparue, claire et nette :
la phrase introductive menaçante est l'équivalent de poser son revolver sur la table d'entrée de jeu :
je m'assieds, je pose mon calibre 38 en évidence et je dis "maintenant, on peux discuter"
Brutalisation en cours des rapports sociaux
je reste dans l'idée que le sarkozysme a aussi favorisé ça
l'homme aimait la posture menaçante
le plus troublant dans cette affaire était que l'homme de presse en question était en fait un garçon plutôt très sympathique.
Alors quoi ?